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Aux larmes, citoyens !

lundi 19 octobre 2020, par Michel Berthelemy

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Si les échanges commerciaux sont quelque peu chahutés par la pandémie, il est un domaine qui ne connaît pas la crise, c’est celui des armes.

Les marchands de mort se frottent les mains, ignorant superbement les ravages qu’ils provoquent dans le monde. Dans ce festival de canons, de fusils, de chars d’assaut, d’hélicoptères d’attaque, d’avions de chasse, la France est très fière de sa troisième place sur le podium de la honte. Cette place d’honneur, elle la doit à ses fidèles clients champions de la démocratie : l’Egypte, l’Arabie saoudite, les émirats arabes unis, la Jordanie, le Koweit, etc. Premier fabricant et vendeur d’armes en Europe, notre pays emploie des dizaines de milliers de personnes dans ses usines Thalès, Safran, Dassault, Nexter (chars Leclerc), ou encore Airbus, septième fabricant d’armes mondial. Ce domaine de l’armement est considéré comme un fleuron de l’industrie française. Mais comme il faut rester moralement présentable, on n’utilise pas le mot armes  , on parle de  produits, de technologies de défense destinés non pas à « tuer », mais à « protéger ». Une hypocrisie qui permet de cacher les dizaines de milliers de victimes que font ces armes au Yemen et ailleurs. C’est qu’il y en a tellement de populations à « protéger » partout dans le monde ! Les « protecteurs » se pressent d’ailleurs au Salon Eurosatory, l’un des plus grands salons de l’armement que notre pays s’enorgueillit d’accueillir en grand pompe tous les deux ans. Et si on s’avise de poser aux « protecteurs » des questions sur l’utilisation des armes qu’ils achètent, ils opposent un chaste « secret défense », un terme qui, en passant, permet de museler toute velléité des parlementaires à demander des explications.

Plus de 500 000 personnes sont tuées chaque année par armes à feu dans le monde, 80 % des victimes sont des civils. Au Yemen, selon l’ONU, le conflit a déjà fait plus de 230 000 morts. Et ça continue : chaque jour, on bombarde les hôpitaux, les marchés, les écoles, les transports. D’où viennent ces armes ? Voir plus haut… Mieux encore : en plus des marchands « officiels », il faut savoir que le trafic d’armes est des plus lucratifs pour ceux qui s’y adonnent, en compagnie des trafiquants de drogue, de médicaments et d’êtres humains.

Et comme pour parachever le rôle éminent de la France dans ce commerce de la mort, une enquête menée cet été 2020 par « La Chronique d’Amnesty international » nous apprenait que « la France s’apprêtait à accueillir et former des militaires saoudiens dans un centre flambant neuf à Commercy, dans la Meuse ». Dans ce même numéro du supplément d’automne de « La Chronique », un militant yéménite des droits humains, Ali Jameel, regrettait que la France « soit prête à échanger ses valeurs pour une poignée de dollars. Le gouvernement français privilégie ses bénéfices économiques sur ses valeurs humanitaires », avant d’ajouter « c’est triste de penser que dans mon pays, tout ce que les gens connaissent de la France, ce sont ses canons ».

source : « Bref », supplément automne de la « Chronique d’Amnesty International » d’octobre 2020.

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